Suzuka est l’un des circuits les plus techniques et les plus sélectifs du calendrier. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que le plus grand pilote du monde s’y soit imposé. Et il n’a pas fait que s’y imposer : il a littéralement surclassé et atomisé la concurrence du début à la fin du week-end, offrant une démonstration proprement éblouissante de tout son talent.
Pourtant, les conditions n’avaient rien de faciles : essais libres du vendredi disputées sous la pluie, essais libres du samedi annulés en raison des conditions météorologiques, qualifications reportées à dimanche matin et disputées encore sur le mouillé, et pour finir course sur le sec sans avoir fait le moindre essai dans ces conditions. C’est dans ces circonstances particulièrement difficiles qu’on reconnaît les meilleurs, et elles ont effectivement mis en exergue les innombrables qualités du pilote le plus doué de l’Histoire de la F1.
Schumi a d’ailleurs réussi l’exploit de devenir le premier pilote à réussir la pole et la victoire le même jour. Sur le mouillé, dans des conditions favorisant les meilleurs pilotes, Schumi a signé une pole exceptionnelle avec la bagatelle d’une demi seconde d’avance sur son plus proche adversaire.
La course n’a fait qu’aggraver encore la domination écrasante du Dieu Schumacher, qui a mené de bout en bout en creusant un écart colossal sur ceux qu’il serait inexact de qualifier d’adversaires tant ils donnent l’impression de jouer trois divisions en dessous du septuple champion du monde.
A la pluie du début du week-end a succédé la désormais habituelle pluie de records. 13° victoire de la saison, 164 points marqués, 83° victoire, etc, etc, etc... Quant à la Scuderia, elle a dépossédé, grâce à Schumacher, McLaren de ce record de 15 succès dans une saison que Ron Dennis imaginait bien conserver éternellement. Nul doute que cela va encore aggraver la frustration de l’aigri gris.
Comme bien souvent, le succès de Schumi a coïncidé avec une défaite cinglante des prétendants au titre de début de saison. Comme on pouvait s’y attendre dans ces conditions difficiles favorisant le pilotage, les pilotes médiocres des écuries McLaren et Williams ont produit des performances s’étalant du franchement mauvais au carrément catastrophique.
En vrac : Kimi Raikkonen, 12° sur la grille à 3’’3 de Schumacher et piteux 6° en course à 40’’ du vainqueur. David Coulthard, 8° sur la grille à 2’’6 et auteur d’une agression honteuse sur Rubens Barrichello en course. Il n’y a évidemment pas eu de sanction, nous savons tous depuis longtemps que la FIA favorise McLaren et garantit une totale impunité aux pilotes de cette équipe quels que soient leurs agissements.
Et pour finir, mention spéciale à Juan-Pablo Montoya, qui rend plus de 4’’ à Schumacher en qualifications et termine à une risible 7° place à l’issue d’un duel d’anthologie avec une Sauber.
Course après course, l’aigreur du Colompasbien ne cesse de s’accroître, et c’est donc sans surprise qu’on l’a entendu vomir sa désormais traditionnelle attaque contre Schumacher. « Je n’ai plus rien à apprendre de Michael Schumacher. Son seul secret, c’est qu’il a une voiture rapide. L’année dernière, Michael et Rubens avaient le même matériel et ils ont lutté l’un contre l’autre durant quasiment toute la saison - ajoute le Colombien - cette année, ce n’est plus le cas. Ferrari a souvent imposé des stratégies stupides à Rubens. Quand Michael rentrait au 8e tour pour son premier ravitaillement, Rubens devait attendre le 20e. Vous savez m’expliquer pourquoi ? La vérité est qu’ils ne veulent pas que Rubens soit trop proche de Michael et c’est grâce à ça que l’Allemand semble si sûr de lui. Lorsqu’il est confronté à une vraie concurrence, Michael n’est plus aussi bon... ».
Ce qui est sûr, c’est qu’une pareille politique n’existe pas chez Williams. Sinon, l’ami Juan-Pablo ne se serait pas qualifié 11 places et 3’’5 derrière son équipier, et n’aurait pas non plus terminé 5 places et 40’’ derrière lui. Avec des performances d’un tel niveau, on ne peut pas lui donner tort quand il affirme que Michael Schumacher n’est pas confronté à une vraie concurrence.
Quant à Barrichello, il n’a eu besoin de l’aide de personne pour ruiner son week-end en commettant une erreur en qualifications. Force est de constater, une fois de plus, que si nombreux sont les pilotes à pouvoir réussir un coup d’éclat de temps en temps comme Rubens l’avait fait en Chine et en Italie, il n’en existe qu’un qui soit capable de maintenir un niveau extrêmement élevé sur l’ensemble de la saison et c’est ça qui fait toute la différence et qui explique qu’il ait coiffé 7 fois la couronne mondiale.
Je vous ai gardé le « meilleur » pour la fin : il est temps de revenir sur les performances éblouissante de notre grand ami Jacques Villeneuve.
Lors du précédent GP, Jacquot avait réalisé des performances totalement en dessous de tout, terminant la course à la 11° place. « Ce GP était celui de l’apprentissage » avaient clamé d’une seule voix le principal intéressé et l’ensemble des dirigeants de l’équipe Renault, « mais maintenant, vous allez voir ce que vous allez voir ». Si on met de côté le fait qu’on a tendance à pouffer de rire quand une écurie qui a 3 GP pour récupérer la 2° place du championnat constructeurs annonce (après coup) qu’elle est prête à sacrifier l’un d’entre eux pour laisser le temps d’apprendre à un pilote qui a quitté la F1 il y a 11 mois (c’est dingue comme la F1 a changé en 11 mois), on attendait avec impatience de voir ce qu’allait donner Villeneuvième au sommet de son talent, d’autant plus qu’il courait sur son circuit fétiche.
Et on a vu... On a pu constater les progrès fulgurants : Jacquot a gagné une place par rapport au dernier GP et termine 10°. Mais le plus révélateur reste son meilleur tour en course : le 16°. Autrement dit il a quand même fait mieux que les 2 Jordan et les 2 Minardi.
La preuve accablante, éblouissante que j’attendais depuis longtemps. Je dois reconnaître que je me suis trompé : Villeneuve n’est pas un pilote médiocre. Il est tout simplement le pilote de F1 le plus faible et le plus mauvais de ces dernières années, tout juste capable de rivaliser avec les écuries de fond de grille et leurs pilotes payants avec la 2° voiture du plateau !!!
Les excuses grossières de ses fans ne tromperont personne. Non, ce n’est pas parce qu’il ne connaissait pas la voiture. Il a pu faire autant d’essais privés qu’il a voulu. Non, ce n’est pas son inadaptation à la F1 de 2004, dont le format n’a pas changé d’un iota par rapport à celui de 2003 si ce n’est le déplacement de la première séance de qualifs du vendredi au samedi. Non, ce n’est pas la condition physique. Villeneuve a dit lui-même qu’il s’entraînait intensivement depuis des mois. Non, l’évidence est là : si Villeneuve réussit des performances aussi minables, c’est juste parce qu’il est nul. Il n’a aucun talent, c’est une brèle.
Ce GP du Japon démontre à quel point son titre de 1997 est usurpé, à quel point son nom entache le palmarès de la F1. Villeneuve, c’est Baumgartner et un nom célèbre en plus qui a suffi à faire la différence et à lui ouvrir les portes des meilleures écuries.
Avec 16 points de retard sur BAR, Renault a définitivement perdu sa 2° place et le responsable porte un nom : Villeneuve. Le même qui a tiré Williams vers le bas de 96 à 98, le même qui a maintenu BAR en fond de grille avant que l’écurie se hisse à la 2° place dès qu’elle s’est débarrassée du poids qu’il représentait.
A priori, les performances clownesques du grotesque Québécois et les déboires de Renault qui a cru au talent de ce tocard prêteraient plutôt à rire. Mais quand on pense qu’il a spolié un jeune espoir français, Frank Montagny, d’une chance unique de courir en Grand Prix, on a plutôt la nausée.
Forzaferrarix.