Je crois que Rubens a très bien géré la situation. J'imagine qu'Il connaît le style de pilotage et le code moral de Michael mieux que la plupart des autres.
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David le magicien

mardi 15 mai 2001, Forzaferrarix


Après ce GP d’Autriche, on ne peut que s’extasier sur les exploits réalisés par David Coulthard ce week-end. Se qualifier 7° à 7 dixièmes de la pole au volant de la McLaren, la meilleure voiture du plateau, il fallait déjà le faire. Mais il a fallu attendre la course pour que Coulthard le magicien réussisse son plus beau tour : transformer une 7° place en victoire sans effectuer le moindre dépassement. Difficile à imaginer en théorie. Vous en rêviez, David l’a fait.

L’électronique a fait le plus gros du travail au départ, lui permettant de passer la Sauber d’Heidfeld (cette bête de course qui s’était qualifiée juste devant lui), la Jordan de Trulli et la Ferrari de Barrichello. Il faut dire que l’antipatinage des McLaren semble particulièrement performant... comme si cette équipe travaillait dessus depuis de longues années. Mais les places gagnées par les puces, on pouvait compter sur Coulty pour les reperdre à la régulière sur la piste et le toquard de service n’a pas failli à cette mission. Il a commencé par se faire planter au freinage par Barrichello, avant de se faire dépasser - on ne rit pas par pitié pour David - par la surpuissante Arrows de Verstappen ! Heureusement que le ridicule ne tue pas.

Verstappen, Barrichello, Schumi Sr, Schumi Jr et Montoya devant, voilà du monde à dépasser pour espérer remporter une victoire. Dépasser ? Le mot ne fait pas vraiment partie du vocabulaire de Menton Carré. Heureusement pour Coulty et malheureusement pour le sport, la chance se substitue parfois au talent. Comme par miracle, la brèle de seconde zone a été débarrassée des 5 pilotes qui la précédaient. Casse moteur pour Ralf. Reste 4. Montoya fait le sale boulot. Plus que 2. Verstappen aux stands et il ne reste plus que Barrichello. Les stratèges et les mécanos McLaren, toujours les plus efficaces du plateau, battront une fois de plus leurs homologues de Ferrari et voilà Coulthard en tête, récoltant une victoire imméritée dont il devait bien être le premier surpris.

J’avais déjà vu des victoires chanceuses. Mais cette fois-ci, c’est le pompon. Si on résume la course, Coulthard avait 6 place à gagner depuis la grille pour gagner. Il en a perdu 2 sur la piste par son incompétence. Il a donc réussi à gagner la bagatelle de 8 places sans lever le petit doigt. Gagner avec autant de chance et aussi peu de mérite, cela devient carrément grotesque. On se demande même comment Coulthard a osé monter sur le podium après cette mascarade. Il faut dire qu’il est habitué. Pilote peu talentueux, Coulthard doit la quasi totalité de ses rares succès à la chance. Regardez le GP de Monaco l’année dernière, ou la victoire lui a été offerte sur un plateau d’argent par la casse mécanique de Schumacher qui caracolait en tête de la course avec près d’une minute d’avance. Rebelote à Magny-Cours où Coulty a hérité miraculeusement de la tête de la course suite aux ennuis de pneus de Schumacher qui le dominait largement. Et idem au Brésil où il dut attendre que Montoya se fasse sortir pour gagner. Coulthard est le pilote le plus chanceux du plateau, c’est clair. Il a la voiture la plus performante, la plus fiable aussi (aucune casse mécanique depuis le début de la saison). Il est pourtant incapable de rivaliser avec Schumacher (battu 5 fois sur 6 en qualifs), il commet de nombreuses erreurs (fautes à répétition à Sepang, erreur de manipulation en Espagne comme on l’a appris la semaine dernière), et pourtant, grâce à la chance, il reste artificiellement à courte distance de Schumacher au championnat alors que la logique de la piste voudrait qu’il soit complètement relégué dans les profondeurs du classement.

A l’opposé de Coulthard, il y a Schumacher. Le maître de la F1 domine outrageusement son sujet, tant en vitesse pure, comme l’a encore confirmé sa 5° pole position en 6 courses, qu’en conditions de course, où il se montre systématiquement un bon ton au dessus de ses adversaires. Et pourtant, la malchance l’accable depuis le début de la saison et son score au championnat ne reflète en rien la domination écrasante qu’il exerce sur la F1. Enorme bévue stratégique de son écurie à Sepang (lorsqu’il a perdu près d’un tour bloqué dans les stands), agression sauvage de Montoya à Interlagos alors que la victoire était à portée, panne mécanique à Imola, train de pneu défaillant à Barcelone. La série noire n’a pas pris fin à Spielberg, jugez plutôt...

A nouveau en pole, le Dieu Schumi avait déjà fait l’essentiel du travail. Et encore une fois, sa monoplace allait lui jouer un tour : l’équipe technique avait mal réglé l’antipatinage en ne se rendant pas compte que le revêtement n’était pas le même sur la grille et la voie des stands. Venant d’ingénieurs de ce niveau, chapeau ! Résultat des courses : 2 places de perdues. Une fois de plus, le champion allait devoir rattraper les bévues de son équipe à la force du poignet. Une mission largement à la portée du plus grand pilote du monde qui, après l’abandon de son frère, mettait depuis quelques tours une pression insoutenable sur Montoya incapable de résister plus longtemps en tête de la course. Au prix d’un freinage impressionnant, Schumi déboîtait impeccablement à l’extérieur au freinage, suffisamment pour prendre l’avantage sur le Colombien avant le point de braquage. Dépassement impeccable et magistral, mais c’était sans compter sur la profonde antisportivité de Montoya, qui, tel un gamin pas doué sur un circuit de kart incapable de supporter d’être dépasser, allait tenter le tout pour le tout dans un plus pur style "tu renonces où je te sors". Gagné ! Dans un pur style à la Villeneuve, the Full Monty loupe lamentablement son freinage et tire tout droit dans les graviers, emportant Schumacher avec lui. Très malin pour lui même : 5 places de perdues en tentant d’en garder une : l’intelligence est toute Villeneuvienne elle aussi. Mais surtout une profonde injustice pour Schumacher, envoyé dehors sans ménagement par ce pilote antisportif. 3 places perdues encore.

Mais il en faudrait plus pour venir à bout de la volonté et du talent du plus grand pilote de l’Histoire de la F1. Schumi se retrousse les manches, et entame une remontée magistrale, remontant sur les leaders et regagnant les places une à une au prix de dépassements splendides. Le grand Schumacher aurait aimé compter sur son équipier pour prendre des points à Coulthard en gagnant, histoire de limiter les dégâts dans cette course où la chance a eu raison du talent. Raté, la lenteur de Barrichello et la rapidité des mécanos McLaren offrent la victoire à Coulthard. Barrichello ne pourra offrir qu’une maigre compensation à son maître en lui offrant la 2° place. Un geste qui a suffi à faire pousser les hauts cris à tous les anti-Schumacher fanatiques qui n’attendaient que ça pour baver leur haine. "Ca me dégoûte. C’est une honte, Schumacher ne méritait pas cette 2° place". Laissez-moi rire. La seule place que Schumacher méritait, c’est la première. A la régulière, c’est à dire sans le comportement odieux de Montoya, Schumi prenait la tête et ne la quittait plus. Il prenait 4 points sur Coulthard au championnat. Le geste de Barrichello - la moindre des choses vu que Schumacher l’a dominé à la régulière en début de course et même tout au long du week-end, est à mille lieues de réparer l’injustice subie par le plus grand pilote du monde, puisqu’il perd 4 points par rapport à son "adversaire" au lieu de les gagner.

On constate au passage que c’est la 2° fois que Montoya, par son comportement contraire aux règles de sportivité les plus élémentaires, fait perdre la course à Schumacher. Déjà, au Brésil, il l’avait envoyé dehors en le dépassant, endommageant irrémédiablement sa Ferrari et le contraignant ainsi à renoncer sans combattre face à Coulthard qui n’aurait jamais gagné autrement. L’air de rien, ça fait 16 points que Montoya a déjà volé à Schumacher dans le "duel" qui l’oppose à Coulthard. Sans les interventions unilatérales du sniffeur de cocaïne dans la course au titre, Schumacher mènerait le bal 50-30 au lieu de 42-38. 20 points, telle serait l’avance de Schumi si les courses se jouaient à la loyale. Le chiffre dérange : c’est probablement parce qu’il correspond à la réalité.

Les actes antisportifs répétés de Montoya n’empêchent en aucun cas le Dieu Schumi d’être le seul et unique candidat pour le titre. Les 2 derniers GP sont traditionnellement très favorables à McLaren. Aussi j’ai mal pour le petit David quand je pense à la sévère branlée qu’il va prendre au cours des 4 prochaines courses, où Schumacher et Ferrari ont toujours été à leur aise. Monaco, Montréal, Nürburgring, Magny-Cours : c’est chasse gardée pour Schumi, et McLaren va prendre cher.

Une chronique de Forza ne serait pas une chronique de Forza si je ne mentionnais pas les performances toujours aussi remarquables des "champions" en activité. On commence par Mika Hakkinen. Quand je vous disais qu’il n’a aucun talent et qu’il ne doit ses résultats qu’à son matériel, on me traitait de fan aveuglé. Aujourd’hui, les faits sont là. Mikaka s’est qualifié encore plus loin que son équipier, à une infamante 8° place, avant de caler par sa faute sur la grille de départ (Adrian Newey a révélé la vérité aujourd’hui même). C’est quand même la 2° fois de la saison que ça arrive. Ca fait 4 points en 6 courses et une 11° place au championnat... à égalité avec son compatriote Raikkonen qui pilote une Sauber et qui courrait en Formule Renault la saison dernière. Je m’abstiens d’en rajouter, d’abord parce que les stats parlent d’elles-mêmes et ensuite parce qu’on ne tire pas sur une ambulance.

Passons à Jacquot. Si quelqu’un l’a vu sur la piste à un moment à un autre, il est prié de m’écrire. Parce que là, il a touché le fond. J’ai noté 3 sorties de piste pendant les qualifs et encore j’ai du en manquer. Le résultat ne s’est pas fait attendre puisque Jacquot s’est fait atomiser par Panis qui lui a mis 6 dixièmes. Idem en course : Villeneuvième s’est fait surclasser par son équipier et y est allé de son petit tête-à-queue en cherchant à dépasser Irvine... dans l’herbe ! Scoop : dans l’herbe y’a beaucoup moins d’adhérence. Comme quoi même au bout de 6 saisons de F1 on peut toujours faire des découvertes enrichissantes. A l’arrivée, Villeneuve est à un tour tandis que Panis est dans les points. Après Melbourne et Sepang, c’est quand même la 3° faute de pilotage en 6 courses. Quand je pense qu’il y a quelques mois les fanatiques de Jacquot étaient intimement persuadés que leur idole était meilleure que Schumacher, je pouffe. Aujourd’hui, la vérité fait surface, et après des années de mensonge le bûcheron passe pour ce qu’il est vraiment : un pur produit marketing importé en Europe et placé dans la meilleure voiture par Ecclestone pour pénétrer le marché nord-américain. Mais question pilotage, c’est zéro.

Je termine cette chronique particulièrement longue par une petite citation de Coulthard (source f1-vivant), qui a tenté de nous faire pleurer en jouant les martyrs. Raté, car on éclate plutôt de rire. "Michael ne peut pas être satisfait de la manière dont-il a acquis cette deuxième place sur le podium" Par contre toi David, tu peux être satisfait de tes 8 places gagnées sans dépasser. Bravo ! "Jamais personne ne m’a offert des points, et si je gagne le titre, ce ne sera pas grâce à quelqu’un d’autre" J’en déduis que si tu prends ta rouste comme d’habitude tu ne pourras t’en prendre qu’à toi. "A plusieurs reprises je me suis sacrifié pour Damon Hill ou pour Mika Hakkinen" Mince alors, y’a déjà eu des consignes ces équipes très fair-play qui traitent leurs pilotes à égalité. On m’aurait menti ? "mais personne ne m’a jamais offert une place" Ben ouais David, mais faut dire que tu t’es toujours fait corriger par tous tes équipiers et les teams donnent très rarement des consignes en faveur du pilote le moins bien placé au championnat, ceci explique peut-être cela. "Chaque point que j’ai gagné, je l’ai obtenu en course, en luttant contre mes adversaires" La course de ce week-end en est l’exemple parfait. "De plus, je n’ai jamais gagné un Grand Prix parce qu’un de mes rivaux a explosé son moteur à 10 tours de la fin" Oui, t’as raison, à Monaco c’était pas le moteur mais la suspension. "Moi aussi j’aimerais bénéficier de la chance de temps en temps" Pffffff... hi hi hi HI HA HA HA HA OUHH. Stop David, ça fait trop mal aux côtes.

Allez, à dans 15 jours.

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