C’est sur les vieux circuits qu’on fait les meilleures courses (adage).
Une fois encore, Fernando Alonso nous a gratifiés d’une de ces courses dont il a le secret. Une attaque de bout en bout, pour finir en haut du tableau, sur le podium où pourtant il fit grise mine. On peut supposer, venant de lui, que son avance sur ses poursuivants à l’arrivée est trop faible pour qu’il puisse s’en réjouir ostensiblement.
Pourtant qualifié 4ème, derrière la McLaren Mercedes de Lewis Hamilton et les Red Bull Renault de Mark Webber et Sebastian Vettel, Alonso voyait les événements tourner en sa faveur avec le changement de boîte de vitesses du leader du championnat qui, causant une pénalité à l’Australien, permit au pilote Ferrari de gagner une place sur la grille sans coup férir. Au départ, tassé outrageusement par le pilote allemand élevé au Red Bull, l’Asturien ne se laissait pas décrocher pour autant, malgré l’usure prématurée de ses pneus tendres. Son arrêt aux puits -comme on dit dans la Belle Province- fut simultané à celui de Lewis Hamilton. C’est alors que celui-ci commit un nouveau mauvais coup dont il est coutumier : en effet, le pilote anglais tenta de ressortir des stands devant l’Espagnol. Les deux monoplaces reprirent la piste côte à côte, et le champion du monde 2008 dut fort logiquement s’incliner. Le duel entamé chez McLaren Mercedes en 2007 put donc reprendre.
Mais alors que les deux adversaires, roulant en 3ème et 4ème position, rattrapaient Sebastien Buemi qui occupait la 2ème place avec sa Toro Rosso Ferrari, ce dernier gêna copieusement Alonso dans le tour qui précéda sa rentrée aux stands. Hamilton en profita pour porter une attaque que le pilote Ferrari ne put parer. Ce n’est pas du temps où Jean Todt était patron de Ferrari qu’on aurait vu ça ! Au contraire, ce denier aurait parcouru l’allée des stands en intimant l’ordre à tous les autres directeurs d’écurie de laisser passer Alonso, et, dans le cas qui nous intéresse, les Toro Rosso se seraient retrouvées sans moteur une fois la course finie. Mais les temps changent, et en mal.
Plus tard dans la course, Alonso revenu comme une balle sur Hamilton à coups de records du tour subissait l’allure de tortue rhumatisante de Webber, dont les pneus tendres étaient à l’agonie, qui lui fit perdre tout son allant. L’autre pilote britannique de McLaren en profita pour revenir à son contact et le déposséder de la 2ème place à la faveur du dépassement d’un pilote retardataire qui fut trop heureux de le gêner.
Néanmoins, nous ne pouvons que constater l’humiliante défaite que l’Espagnol a infligée aux dominatrices Red Bull Renault, vaincues sur ce tracé d’outre-Atlantique et laminées car finissant derrière lui. On peut se prendre à espérer une nouvelle victoire de l’Asturien lors du prochain Grand Prix à Valence, où Ferrari a annoncé qu’elle disposerait d’une version modifiée -donc plus performante - de sa F10. Ajoutons à cela que Fernando a une nouvelle fois mis son équipier Felipe Massa sous l’éteignoir. Le pilote brésilien, auteur d’un départ aléatoire, n’a pu que se lancer à la poursuite de la tête de la course et, victime d’une manœuvre litigieuse de son ancien coéquipier et mentor Michaël Schumacher -qui commence à retrouver ses bonnes vieilles habitudes, comme il l’a montré à plusieurs reprises durant la course- ne put même pas finir dans les points.
D’autres pilotes étaient là, à ce qu’il semble, mais leur performance ne fut qu’anecdotique face à la démonstration de pilotage de l’Alonso des grands jours. Vivement Valence, que notre héros s’impose à domicile ! Tremblez, adversaires ! Craignez le courroux du Taureau des Asturies qui, à n’en pas douter, vous infligera une correction encore plus sévère qu’aujourd’hui !