Non événement que l’annonce de la reconduction du contrat de Fernando Alonso chez Renault jusqu’en 2010.
Le double champion du monde espagnol n’avait plus d’alternative après l’échec de ses tractations avec la Scuderia Ferrari et l’écurie BMW Sauber.
Honda ? Trop risqué.
Et puis dans cette hypothèse comme dans les deux premières, la perspective de se retrouver avec trois pilotes capables de jouer les trouble fêtes, Button chez les Japonais, Massa chez les Italiens et Kubica chez les Allemands a pu jouer un rôle dans un choix qui n’en était plus vraiment un depuis Monza avec la reconduction du contrat de Kimi Raikkonen au sein de la Scuderia.
Et puis le retour de Renault au tout premier plan avec deux victoires, une quatrième et une seconde place pour les quatre dernières courses de la saison 2008, ont sans doute fini de convaincre Fernando Alonso de ne pas lâcher la proie pour une écurie... Honda qui n’est encore que l’ombre de ce qu’elle fût en 2004 en terminant deuxième du championnat constructeur derrière Ferrari.
L’Espagnol a-t-il été instrumental dans la reconduction du contrat de Nelson Piquet ?
On peut le penser puisqu’à défaut d’avoir beaucoup de marges de manœuvre en termes d’argent, vu le contexte économique actuel, Renault ne pouvait qu’accéder à la moindre des exigences de Fernando.
Piquet, c’est l’assurance d’avoir une équipe entièrement dévouée à sa cause, une organisation « à la Schumi » chez Ferrari dont Fernando rêve depuis son dernier titre mondial et qu’il n’a pas pu obtenir ni imposer chez McLaren.
Et Flavio Briatore qui racontait à qui voulait l’entendre qu’il allait virer le Brésilien avec perte et fracas de le conserver, sans perte ni fracas.
Meilleur en fin de saison, Nelson Piquet a tout de même pu se permettre de sortir la R28 dès le troisième virage du grand prix de Brésil sans craindre de perdre son volant ni de subir les critiques acerbes et les sarcasmes d’un Flavio Briatore d’ordinaire fort peu charitable.
Las, la F1 n’est pas affaire de charité mais bien de gros sous, surtout pour le boss de Renault F1 qui a toujours montré qu’il avait une interprétation toute personnelle de la finalité d’un sport où il faut « rouler à fond la caisse ».
Donc, après quelques semaines d’un faux suspens, Flavio a opté pour un Fernando Alonso en « leasing », l’Espagnol pouvant quitter Renault chaque fin de saison si l’écurie franco-anglaise ne lui repaie pas son dû en termes de points marqués, et un Nelson Piquet au prix de l’argus.
C’est-à-dire pas très cher. De toute manière, l’argent ne change pas ou peu de poches si ce n’est pour passer de la droite à la gauche ou de la gauche à la droite allégé à chaque fois d’un solide pourcentage pour la peine que l’on se donne.
Du coup, Romain Grosjean et Lucas di Grassi sont priés de ronger leur frein une année supplémentaire. Ailleurs ou en GP2 Series, une discipline qui, après avoir été un tremplin idéal pour Nico Rosberg, Lewis Hamilton, Heikki Kovalainen, Timo Glock, risque de devenir une sorte de garderie pour les pilotes Renault F1.
Rassurez vous, aucun risque que les « gamins » ne se perdent, ils sont sous contrat dans une discipline bien tenue par la maison-mère et qui plus est dans une écurie, vraisemblablement Campos, où le nouveau patron, l’homme d’affaires espagnol Alejandro Agag, marche main dans la poche avec Flavio.
Dommage pour le Franco Genevois et le Brésilien qui ont prouvé l’un et l’autre que leur talent et leur vélocité méritaient mieux que de rester... au Piquet en 2009.
José Carron
Source :
