Hamilton sauvé par les ennuis techniques de Rosberg

Deux semaines après le spectaculaire GP de Bahreïn, place ce week-end au GP de Chine, de nouveau marqué du sceau de la domination de Mercedes. Une domination partie pour durer, étant donné qu’elle est en grande partie liée à la supériorité du moteur Mercedes sur le moteur Renault et que l’absurde règlement de la FIA interdit toute modification sur les moteurs en cours de saison autrement que pour régler d’éventuels soucis de fiabilité. Sous prétexte de réduction des coûts, la fédération nous promet un championnat ennuyeux au possible où l’équipe qui domine à Melbourne est destinée à le faire tout au long de la saison.

Étrangement, les dirigeants de Mercedes semblent être les personnes au monde à avoir le moins confiance dans leurs propres capacités, en témoigne leur demande pitoyable devant la Cour d’Appel d’infliger 3 GP de suspension à Red Bull. Le ridicule ne tue pas, l’antisportivité non plus.

A Sakhir, on avait heureusement pu compter sur le duel entre équipiers chez Mercedes pour nous offrir un peu d’enjeu. Cette fois, il n’en a rien été, la faute aux ennuis techniques à répétition qui ont frappé Nico Rosberg tout au long du week-end, laissant le champ libre à une insipide et facile victoire de Lewis Hamilton. Tout a commencé par des problèmes de freins en qualifications, qui ont privé l’Allemand de toute possibilité de disputer la pole à son équipier, mais qui l’ont surtout placé derrière les deux Red Bull. En course, c’est cette fois la télémétrie qui a fait des siennes. Faute d’avoir les bonnes informations, les ingénieurs n’ont pu déterminer les bons réglages d’embrayage, ce qui a impliqué un très mauvais départ pour le leader du championnat qui aurait pu perdre encore plus gros lorsqu’une Williams l’a percuté.

7° au premier virage, Rosberg a réalisé une solide remontée. Mais bien évidemment, lorsqu’il a émergé aux avant-postes après plusieurs tours de lutte dans le trafic, son équipier qui n’a rien eu d’autre à faire que de caracoler en tête avec sa monoplace invincible était déjà loin. Malgré un rythme nettement plus élevé que celui d’Hamilton (8 dixièmes séparent leurs meilleurs tours en course), l’écart était bien trop important pour être comblé.

Sauvé par son antisportivité et sa brutalité à Bahreïn, Hamilton s’en sort cette fois grâce aux ennuis techniques de son rival. Mais ce n’est toujours pas suffisant pour ravir la tête du championnat à son leader d’écurie.

Comme souvent cette saison, le meilleur de ceux qui n’ont pas une Mercedes entre les gants se nommait Sebastian Vettel. Le quadruple champion du monde s’en emparé de la seconde position dès le départ et l’a solidement tenu pendant son relais, avant de voir tous ses efforts réduits à néant par les choix stratégiques ineptes de son écurie.

Red Bull a commencé par se faire mystifier par Ferrari, qui a fait rentrer Alonso un tour plus tôt lors du premier arrêt, faisant perdre à Vettel sa 2° place. On ne compte plus le nombre de fois où Red Bull s’est fait surprendre par un under-cut ces dernières saisons, mais l’équipe continue à rester sans réaction quand une écurie concurrente prépare les pneus neufs qui feront la différence en l’espace d’un tour. Quel amateurisme !

Mais cet arrêt trop tardif n’est rien comparé au choix stratégique adopté et maintenu rigidement pendant la course. Alors que Vettel était si rapide en pneus tendres, Red Bull a choisi… de faire deux arrêts et deux relais en medium. Le fait que Vettel se batte avec des Caterham avec ses mediums à l’agonie n’a pas suffi à les décider à passer sur 3 arrêts et à revenir aux gommes soft. L’idiotie poussée jusqu’à l’absurdité.

Ces choix ineptes privent Vettel du podium au profit d’Alonso, qui réalise enfin une course décente, et de Ricciardo, moins performant que son équipier en vitesse pure mais plus à l’aise dans la gestion des gommes. A la 6° place, un retrouve un Hülkenberg toujours aussi compétitif au volant de sa modeste Force India. Quant au coéquipier d’Alonso, il continue de fortement décevoir. Le minable homme de glace reste sur la lancée de sa médiocre fin de saison 2013 et non sur celle de son impressionnant début.

Le calendrier va connaître maintenant une pause de 3 semaines avant le début de la saison européenne, début souvent synonyme de grosses évolutions sur les voitures. Mais sans pouvoir toucher à leur principal point faible qu’est le moteur, il sera compliqué pour les écuries motorisées par Renault et Ferrari d’espérer combler l’écart. Peut-être ont-ils déjà le regard tourné vers Monaco où la spécificité du tracé leur laissera une chance d’interrompre la série des flèches d’argent.

Forzaferrarix.

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