Hamilton acculé face au talent de Rosberg

Après un GP de Malaisie qui avait laissé espérer un retour des autres équipes et notamment de Red Bull, l’épreuve bahreïni a vu l’écrasante domination des Mercedes reprendre de plus belle. Cela s’explique probablement par le fait que le circuit de Sakhir est le plus rapide de ce début de saison (près de 210 km/h de moyenne en qualifs contre 185 à Melbourne et 165 en Malaisie), ce qui a donné l’avantage au puissant V6 Mercedes par rapport au poussif moteur Renault qui lui rend entre 60 et 80 chevaux. Ce n’est pas un hasard si on retrouve 6 moteurs Mercedes aux 8 premières places, dont 3/3 sur le podium.

Cela n’a en rien nuit au spectacle, même si les nombreuses bagarres, y compris entre équipiers, se sont déroulées dans deux divisions différentes, Mercedes d’un côté, et les autres équipes de l’autre.

Du côté de chez Mercedes, Nico Rosberg s’est montré plus performant que son coéquipier tout au long du week-end. En qualifications d’abord, où il a signé la pole avec près de 3 dixièmes d’avance. Mais au départ, Hamilton profite de sa position à l’intérieur pour prendre l’avantage au premier virage. Rosberg, plus performant que son coéquipier, ne relâche pas la pression en début et en fin de relais. Hamilton, aux abois, sous la menace d’un équipier qui le devance au championnat et qui se montre plus rapide que lui, ne recule devant aucune manœuvre pour préserver sa position. A plusieurs reprises, il pousse hors-piste son équipier qui a pris l’avantage au premier freinage. Si Rosberg ne s’était pas poussé dans le bas-côté à plusieurs reprises, l’accrochage aurait été inévitable.

Mercedes prend alors conscience du risque et met en place une stratégie destinée à figer les positions et éviter au maximum la lutte fratricide. L’équipe décide de monter les gommes medium à Rosberg dans son second relais, tandis qu’Hamilton attendra son relais ultime pour utiliser les gommes les moins performantes. De ce fait, l’équipe est assurée que Rosberg va perdre du temps sur Hamilton, qu’il regagnera lors du dernier relais, et que les pilotes ne seront en bagarre que pour les derniers tours de course dans le pire des cas.

L’agression de Maldonado sur Gutiérrez, entraînant la sortie de la voiture de sécurité, allait remettre cette stratégie au bénéfice de Lewis Hamilton en cause, permettant à Rosberg de mettre la pression à son équipier tout un relais et pas seulement sur les tous derniers tours. Mais comme dans le premier relais, Hamilton use de tous les coups bas pour bloquer son équipier plus rapide, claquant toutes les portes et le poussant de nouveau hors-piste.

Hamilton, acculé, s’en sort in extremis. Et Rosberg serait bien avisé d’en tirer les leçons. Car sous son air sympathique et souriant, Hamilton a clairement démontré qu’il ne reculerait devant rien pour sauver un titre qui lui échappe depuis déjà 6 ans. Et ce n’est pas en jouant aux grands copains que Rosberg s’imposera. La prochaine fois qu’Hamilton le poussera dehors, l’Allemand serait mieux inspiré de ne pas s’écarter vers les bas-côtés et de laisser le Britannique le percuter. C’est à ce prix qu’il se fera respecter, pas en se tapant sur le ventre avec lui. Et il n’a aucun complexe à avoir vu qu’il est le plus performant des deux comme il l’a démontré ce week-end.

Du côté de la seconde division, ce sont comme dit plus haut les équipes motorisées par Mercedes qui ont tenu le haut du pavé. Sergio Perez, que l’on n’avait pas vu à pareille fête depuis longtemps, a réalisé une très belle performance, de celles qui lui avaient permis de se faire repérer par McLaren au cours de la saison 2012. 5° temps des qualifs, il s’est emparé de la 3° place dès le 12° tour et ne l’a plus quittée sinon par le jeu des arrêts aux stands. Il domine pour une fois l’incroyable Hülk qui prend la 5° place.

Très belle performance également de Williams, qui confirme le potentiel entrevu à Melbourne. Les monoplaces blanches ont très longtemps occupé la place de « meilleur des autres ». Mais leur stratégie à 3 arrêts là où l’ensemble des leaders n’en ont fait que deux ne s’est pas avérée payante, d’autant que le dernier pit stop a été effectué juste avant la neutralisation.

Mais Felipe Massa doit quand même rire intérieurement en voyant les performances de son ancien équipier pour qui il a servi de larbin pendant si longtemps. L’ami Zozo, qui clamait encore cette semaine à qui voulait l’entendre qu’il pouvait encore être champion du monde cette année (comme un David Coulthard des grands jours), a pris une véritable rouste sur le tracé de Sakhir. Il termine 9°, derrière les deux Williams. Surclassé par Raikkonen en qualifications (3 GP seulement auront suffi), il ne doit son salut en course qu’au nouvel incident entre Magnussen et son coéquipier. Bref, pour Alonso, le titre ce sera encore pour l’année prochaine. Ou pour celle d’après.

Enfin, du côté de Red Bull, le champion du monde en titre n’a pas pu, pour la seconde fois en trois courses, défendre correctement ses chances. La faute à une vitesse de pointe totalement catastrophique qui l’a handicapé tout au long de la course.

Pour finir, McLaren et particulièrement Magnussen, grandes révélations de Melbourne, n’ont de nouveau pas pu confirmer les espoirs placés en eux. A Sakhir, McLaren s’est montrée la moins compétitive et aussi la moins fiable des écuries Mercedes. Et Button a repris son logique statut de leader d’écurie, devançant Magnussen en qualifications puis de manière encore plus nette en course. Le week-end s’est finalement conclu sur un double abandon sur un même problème d’embrayage.

Enfin, on ne peut que constater que la FIA fait toujours preuve de la même inconséquence dans ces décisions. Pour avoir envoyé un petit camarade en tonneaux qui plus est en sortant des stands, Maldonado s’en tire avec un stop & go et 5 places sur la grille au prochain GP… soit 5 places de moins que Ricciardo n’a rien fait de mal personnellement et a même parfaitement réagi en immobilisant sa monoplace avant que quelque chose de grave ne survienne. Maldonado perd 3 points sur son permis. Autant dire qu’il devra envoyer valser encore 3 pilotes pour qu’une suspension soit effective. On a connu plus dissuasif.

Forzaferrarix.

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