Mercedes domine mais Red Bull revient

Après une manche inaugurale un peu folle, on est revenu à quelque chose de plus classique (entendez par là un peu plus soporifique) ce week-end en Malaisie.

Les qualifications disputées sur le mouillé nous ont d’abord réservé le traditionnel cirque le la FIA qui ne laisse plus jamais une course ou une séance se disputer sur piste détrempée, alors que les pilotes s’en sortaient très bien dans ces conditions il y a 15 ans. La pluie a permis au génial Sebastian Vettel de compenser par son talent la supériorité technique des Mercedes et d’approcher la pole position à 55 millièmes, s’intercalant entre Hamilton et Rosberg.

Notons également que quand Vettel n’est pas victime d’un problème moteur, il met une seconde à son équipier sur le mouillé, n’en déplaise à ses détracteurs qui l’imaginaient déjà dominé par Ricciardo après le GP d’Australie.

Les qualifs ont également été marquées par une stupide erreur d’Alonso, qui a percuté Kvyat en lui fermant la porte alors que le pilote Toro Rosso s’était porté à sa hauteur. Bien évidemment, les commissaires se sont empressés de classer l’affaire, puisqu’on ne sanctionne pas sa majesté l’Espagnol.

La course ne restera pas dans les annales. Il n’y a jamais eu de suspense pour la victoire, ni pour le podium fixé dès le 3° tour. Sur piste sèche, il était impossible d’aller chercher les Mercedes, et Rosberg s’est facilité la tâche en débordant Vettel dès le départ grâce à sa position sur la partie propre de la piste. Le champion du monde en titre a cependant fait illusion une moitié de la course en restant très proche de son compatriote.

Il n’a pas été aidé dans cet exercice par son équipier qui a cru bon de se montrer extrêmement agressif en début de course, allant jusqu’à pousser Vettel hors-piste. Sa fougue, qui a privé le champion du monde de la possibilité d’aller mettre la pression sur Rosberg dans les premier tours, a été d’autant plus inutile qu’il s’est fait avaler par son équipier dès l’activation du DRS et qu’il n’a jamais été en mesure de tenir le rythme du quadruple champion du monde.

Une fois cet ordre établi, avec les deux Mercedes devant les deux Red Bull et Alonso, il ne s’est plus passé grand-chose, d’autant que ces cinq pilotes partageaient une même stratégie à 3 changements de pneus.

Seul Nico Hülkenberg a fait preuve d’un peu d’originalité en ne s’arrêtant que deux fois. Cela lui a permis de boucler quelques mètres en tête et de tenir la dragée haute à Fernando Alonso jusqu’aux tous derniers tours, en dépit d’une monoplace très inférieure à la Ferrari. Chez Force India comme chez Sauber, l’Allemand continue à nous surprendre très favorablement.

Les seuls incidents notables jusqu’à la fin de la course auront été les malheurs de Daniel Ricciardo. Lors de son dernier arrêt, l’Australien a été libéré par son équipe alors que sa roue avant-gauche était mal fixée. Même si le pilote a très bien réagi en s’immobilisant immédiatement, le temps de ramener la monoplace à son emplacement, le pilote a perdu plus d’une minute et demie dans l’incident. Il abandonnera quelques tours plus tard sur une avarie d’aileron.

On regrettera à cette occasion la sévérité aveugle dont a fait preuve la FIA, toujours incapable de parcimonie dans l’application du règlement lorsqu’il s’agit de Red Bull. Ricciardo a eu droit à la triple peine : perte de temps lors de l’incident, stop & go de 10 secondes et rétrogradation de 10 places pour le GP suivant. Cela dépasse toutes les limites de l’absurde. Alors que l’équipe et le pilote ont réagi promptement pour éviter tout accident, ils sont sanctionnés avec la même sévérité que si la roue s’était détachée et avait percuté quelqu’un. Alors que la tendance est au laxisme pour le comportement en piste, puisque les drive through ont laissé la place à des pénalités de 5 secondes effectuées lors de l’arrêt suivant, on sanctionne lourdement un pilote qui n’a pas commis la moindre faute. Bien évidemment, on peut douter que les peines aient été si sévères s’il s’était agi d’Alonso. Ricciardo a disputé seulement 2 courses avec sa nouvelle équipe et il a déjà reçu des sanctions portant sur 3 GP différents, record à battre.

Quelles conclusions tirer après ces deux premières courses ? Mercedes reste l’équipe à battre mais les progrès de Red Bull, tant en performances qu’en fiabilité, sont notables depuis la manche australienne. Il est encore trop tôt pour parler de vague bleu marine, mais les résultats du week-end laissent augurer de belles victoires dans quelques semaines, pourquoi pas lors des courses européennes. La Red Bull est loin d’être une monoplace ratée comme les essais d’intersaison pouvaient le laisser croire. L’équipe était simplement en retard dans sa préparation.

Chez Ferrari, il n’y a pas grand-chose de nouveau par rapport à l’année dernière. Alonso est toujours aussi transparent et impuissant. Incapable de viser le podium, l’Espagnol est abonné aux 35 secondes de retard sur le vainqueur, et Hülkenberg reste son petit camarade de jeu comme en 2013. Comme d’habitude, il peut compter sur la fiabilité exceptionnelle de sa monoplace pour faire l’épicier et récupérer une 3° place du championnat qui semble totalement surréaliste au vu de son niveau de performances. La Scuderia ne peut pas compter non plus pour l’instant sur Kimi Raikkonen, pour l’instant très loin de reproduire ses belles performances de l’année dernière chez Lotus. D’autant que le Finlandais, accroché par Magnussen en début de course, a ajouté la malchance au manque de performances.

S’agissant de Magnussen justement, on a pu voir que les deux équipes qui nous avaient positivement surpris en Australie, McLaren et Williams, sont quelque peu rentrées dans le rang. Le Danois qui s’était comporté à Melbourne comme s’il avait une longue expérience dans la discipline a cette fois commis une erreur de débutant, et les gris sont passés du podium à une modeste 6° place à plus de 1’20 du vainqueur. Même déception pour Williams. L’équipe qui avait placé ses deux voitures en Q3 il y a 15 jours se contente de la 13° et de la 15° place sur la grille.

On note aussi des progrès certains chez Lotus, qui comme Red Bull souffrait d’un retard plus que d’une monoplace fondamentalement ratée. Plus mauvaise écurie du plateau à Melbourne, avec deux voitures en fond de grille et un double abandon, l’équipe a commencé à redresser la barre. Grosjean atteint cette fois la Q2 et surtout rejoint l’arrivée, qui plus est à une honorable 11° place.

Forzaferrarix.

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